Les Mondes de Clèm

jeudi 21 avril 2016

À la rencontre de Lucie Pierrat-Pajot...

Les Mystères de Larispem
© Claire Jachymiak


Pour la deuxième fois, les éditions Gallimard Jeunesse ont organisé un concours, permettant à un auteur n'ayant jamais été publié d'avoir cette chance. Après La Passe-Miroir de Christelle Dabos en 2013, c'est Lucie Pierrat-Pajot qui a remporté ce concours. Les Mystères de Larispem est donc en librairie depuis quelques semaines. Roman plein d'aventures à l'univers extraordinaire, il est à découvrir dès que possible. (Cliquez ici pour lire mon avis complet !)

LARISPEM
1899,
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d'un régime populiste, trois destins se croisent... Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l'apprentie louchébem et Nathanaël, l'orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l'ombre d'une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Lucie Pierrat-Pajot a accepté de répondre à quelques questions pour le blog, un très grand merci à elle ! Partons à sa rencontre, entre deux ruelles de Larispem...

Qu'est-ce qui vous a poussée à placer Larispem à ce moment de l'Histoire, pourquoi la Commune en 1871 ?

Je voulais une uchronie, je voulais une ambiance un peu steampunk et mon point de départ c'était l'argot des bouchers. Paris au XIXème s'est donc imposé de lui-même. Il me restait à trouver un point historique important dont la modification aurait entraîné un changement profond. La Commune était la candidate idéale...

En écrivant, saviez-vous dès le départ ce qui allait se passer par la suite dans le roman ? Et connaissez-vous déjà le dénouement de toute l'histoire ?

Ma façon d'écrire tiens pas mal de la broderie. J'ai un canevas, j'ai une idée générale et certaines scènes importantes. A partir de là, je brode ! Une idée en engendre une autre et l'histoire se dessine devant mes yeux. Du coup, le dénouement est très flou. Je sais à peu près où je vais emmener mes lecteurs mais comment vais-je nouer les fils de mon récit ? Lystèrmuche !

Les Mystères De Larispem est votre premier roman publié, est-ce aussi le premier que vous écrivez ?

Oh que non ! D'après mes calculs, et en comptant les romans un peu (beaucoup) pourris écrits entre 12 et 20 ans, celui-ci doit être le sixième.

Pour quelle raison avez-vous choisi d'écrire pour la jeunesse ? Est-ce un choix personnel ou bien avez-vous décidé cela car l'occasion se présentait, grâce au concours de Gallimard ?

J'écris ce que j'aime, ce que j'ai envie d'écrire et il se trouve que le plus souvent ça correspond à des romans jeunesse. Peut-être qu'un jour j'aurais envie d'une histoire qui ne peut être que de la littérature "adulte", on verra...

Êtes-vous une grande lectrice, et si oui quels sont les romans qui vous ont poussée à vouloir écrire ?

Je suis une lectrice perpétuellement affamée. Je lis vite et je lis beaucoup. Surtout de la littérature jeunesse encore une fois, mais aussi des BD et de la non-fiction (pas mal de vulgarisation scientifique, c'est un terrain d'inspiration hyper fertile !). J'aurais du mal à citer des romans qui m'aient poussé à écrire. Étant de nature créative, j'ai simplement fini par avoir envie de fabriquer mes propres histoires, de devenir moi aussi auteur.

Avez-vous commencé à écrire la suite, et savez-vous pour l'instant combien de tomes comportera la série ?

La suite est déjà commencée, en effet. J'essaie d'écrire un peu tous les jours, ça avance donc, lentement mais à peu près sûrement ! A priori il devrait y avoir trois tomes.

Comment avez-vous appris que vous aviez gagné le premier prix du concours premier roman Gallimard Jeunesse et quelle a été votre réaction ?

J'ai d'abord su que j'étais dans le trio retenu après la lecture de tous les manuscrits envoyés. Ensuite, une dizaine de jours plus tard, celle qui allait devenir mon éditrice m'a appelé pour me dire que j'avais décroché le Graal de l'aspirant écrivain ! Le prix et avec lui mon ticket pour l'édition. J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à réaliser. C'était quelque chose que j'avais tellement imaginé que j'ai eu un mal fou à me dire que oui, c'était pour de vrai !

Merci encore pour ces réponses ! 

Et vous, que faites-vous encore sur internet ? Qu'attendez-vous pour découvrir Larispem et ses secrets ? 

dimanche 17 avril 2016

Concours d'écriture 2016

Bonjour chers lecteurs !

Le mois dernier, le blog a fêté ses quatre ans. À cette occasion, j'ai décidé d'organiser le troisième concours d'écriture depuis sa création en mars 2012... 


Votre réveil sonne. Un matin des plus ordinaires. Mais pourtant, vous vous sentez plus jeune. Cela fait même longtemps que vous n'aviez pas entendu ce réveil... 

Que feriez-vous si vous vous réveilliez quatre ans en arrière, pour une journée ?


Les éditions Sarbacane s'associent au blog pour ce concours et ont accepté d'offrir au gagnant un livre, au choix. En voici quelques uns, pour vous donner une idée ! Cliquez sur les couvertures pour lire mes articles...

       

Tous de très bons livres, que je ne peux que vous conseiller !

Comment participer ?

- Écrivez votre texte, correspondant au thème expliqué plus haut. Que feriez-vous si vous vous réveilliez quatre ans en arrière, pour une journée ? Pour les quatre ans du blog, revenons quelques années en arrière ! En dehors de cela, vous avez toutes les libertés dans ce que vous écrivez. Lâchez-vous !


- Votre texte devra faire entre 800 et 8 000 mots !

- Envoyez-le moi avant le 21 mai 23h59 à cette adresse : lesmondesdeclem[at]hotmail.fr (n'oubliez pas de remplacer [at] par @)

- Dans votre mail, précisez vos nom, prénom et âge.

- Les résultats seront annoncés en mai sur le blog et le gagnant sera contacté par mail. 

- N'hésitez pas à aller liker la page facebook du blog et à partager ce concours ! 

À vos crayons, je compte sur vous !

Les Mystères De Larispem : Le Sang Jamais N'Oublie – Lucie Pierrat-Pajot


LARISPEM
1899,
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d'un régime populiste, trois destins se croisent... Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l'apprentie louchébem et Nathanaël, l'orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l'ombre d'une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Après le succès de La Passe-Miroir, de Christelle Dabos, gagnant de la première édition du concours "premier roman" de Gallimard Jeunesse, la tentation de découvrir le gagnant de la deuxième édition était forte. Et même si mon porte monnaie apprécie moins, j'ai tellement bien fait de céder à l'appel de ce si beau roman à la librairie la semaine dernière !

Plongez dans un Paris de 1899 qui n'est plus Paris, mais Larispem, Cité-État indépendante... Une ville où la Commune de 1871 a été remportée par le peuple grâce à l'aide de bouchers, louchébems en argot. Ici, les riches aristocrates ont été bannis et tous les citoyens sont égaux. Mais malgré le temps qui a passé, il se trouve que certains cherchent toujours à revendiquer leurs droits et leur supériorité... Dans cette ville où Jules Verne est adoré, Liberté a pour tâche de réparer des automates. Carmine est apprentie louchébem et Nathanaël est un adolescent parmi tant d'autres, à l'orphelinat de Larispem. Tous trois âgés d'une quinzaine d'années, leurs vies sont sur le point d'être boulversées...

Les Mystères De Larispem, voilà un roman qui porte extrêmement bien son nom ! Larispem est une ville passionnante regorgeant de mystères et de secrets. On pense savoir dans quelle direction nous partons... Pour finalement emprunter un tout autre chemin. Un roman plein d'action, d'évènements qui s'enchaînent et de surprises, nous n'avons pas le temps de nous ennuyer. Tant de pistes sont ouvertes et peuvent être explorées par la suite, je me demande bien ce que le deuxième tome nous réservera. Malgré un univers bien différent du notre aujourd'hui, c'est un roman qui résonne dans nos esprits. Les Frères du Sang, mystérieux ennemis de la Cité, sont vus à Larispem comme des terroristes. Certaines phrases et réflections seraient donc malheureusement très bien adaptées à notre société...

Une histoire n'est pas grand chose sans ses personnages et il faut dire que ceux-ci sont particulièrement intéressants ! Nous commençons avec Liberté et Carmine, la première assez discrète et la seconde pleine d'énergie, toutes deux citoyennes de Larispem avec leurs caractères bien reconnaissables. Je reconnais avoir eu un petit coup de coeur pour les chapitres de Nathanaël... (L'orphelin, l'école... C'est sûrement "à cause" de mes lectures passées et d'un petit sorcier à lunettes...) Dans tous les cas, chaque page est un vrai bonheur ! Arpenter cette ville et se rendre compte de ses merveilles et de son fonctionnement au fur et à mesure de sa lecture a quelque chose de magique.


Mention spéciale pour le travail de Donatien Mary qui a illustré la couverture, que je trouve sublime, ainsi que les illustrations de présentes à chaque nouveau chapitre. C'est très agréable de découvrir en image un élément important des pages à venir, sans forcément connaître immédiatement la signification de celui-ci. Que ce soit au niveau du texte ou des quelques illustrations, le mystère est omniprésent !

Ne passez pas à côté de ce roman original et entraînant, mêlant secrets anciens et découvertes. Larispem et son histoire sauront vous envoûter, vous ne souhaiterez plus quitter cet univers...

vendredi 15 avril 2016

Clin Tiswoud, Journal d'un menteur professionnel – Estelle Billon-Spagnol


« Salut toi ! Moi, c'est Chico - dit "Clin Tiswoud" - et j'ai une vie... compliquée.
SURTOUT depuis que Maman a décidé d'organiser un anniversaire surprise pour mes 10 ans !! Le truc, c'est que...
JE SUIS UN MENTEUR PROFESSIONNEL.
Je dis aux uns que mon père est pilote, aux autres que j'ai chassé le lion. Alors s'ils sont tous réunis, ils vont me démasquer. Et ça, c'est IM-POS-SI-BLE ! »

Qu'elle doit être difficile la vie de Corentin, Chico, Clin Tiswoud ! En tout cas, la semaine qu'il va devoir vivre, pour tenter d'annuler son anniversaire risque d'être un enfer. Déjà qu'avec trois petites soeurs triplettes, la vie ne doit pas être facile... (Ayant moi même trois petits frères, je sais de quoi je parle !) Chico a beau raconter sans arrêt des mensonges (ce n'est pas de sa faute, c'est plus fort que lui), il a promis de ne nous raconter que la vérité dans son journal. C'est parti pour une semaine compliquée... Entre « l'ABC infernal » (Alice, Béatrice et Clarice), devoir supporter Madame La Maîtresse La Chef, Le Chat qui pue de la bouche mais qu'il adore quand même parce que c'est SON chat, les films de western, les repas avec Mamie sur le toit et la belle Aurélia... La vie n'est d'ordinaire pas simple, alors quand il faut en plus annuler un anniversaire surprise !

Nous avons là un roman amusant et rafraichissant. Il est facile à lire, la narration de Chico est drôle et on se prend vite d'affection pour ce petit Cow-boy du Farouestte de (presque) dix ans. Toujours dans l'humour, un grand nombre de thèmes sont abordés et il existe différents niveaux de lecture. On peut aussi bien le lire à travers les yeux de Chico-Corentin-Clin Tiswoud, à la façon d'un roman d'aventure, ou bien avec un peu plus de recul, en plaignant sérieusement les parents et en comprenant bien plus d'éléments, pas toujours très amusants.


Accompagnant l'écriture extrêmement plaisante d'Estelle Billon-Spagnol, nous avons les illustrations d'Alice A. Morentorn. Elles offrent une véritable identité aux personnages, nous emportant encore un peu plus dans le monde de Chico. C'est agréable, c'est délirant, c'est joli (comme le livre en lui même, qui est superbe), et on en redemande.

Dès les premières pages nous sommes emportés avec ces personnages, si bien qu'il nous est difficile de les quitter une fois le mot fin arrivé... (Et Chico a lui aussi bien du mal à nous quitter !) Ce n'est que ma deuxième lecture de la collection Pepix, et ça m'a donné envie d'en découvrir de nouveaux. Je ne peux que vous conseiller cette petite bulle de bonheur, qui nous rappelle qu'il est important de mordre la vie à pleine dents et que l'aventure peut se trouver à chaque coin de rue !

Alors n'hésitez vraiment pas à découvrir Clin Tiswoud, les aventures (et surtout les malheurs) du plus grand Cow-boy menteur de la cour de récré. Un roman frais et des plus agréables, qui ravira les petits et les plus grands !

samedi 2 avril 2016

Laisse Brûler - Antoine Dole


Il y a Noah, éternel étudiant, qui se gave de rancoeur et de médicaments depuis qu'un certain Julien l'a anéanti. Ses journées, il les passe assis sur un banc, en bas de l'endroit où c'est arrivé. Il y a Maxime, scénariste-télé raté, qui tombe amoureux de Noah juste au moment où celui-ci rompt avec lui - et ce qu'il croit d'abord être une banale rupture fait exploser sa vie. Et puis il y a Julien, animateur-vedette d'une chaîne câblée, qui s'éveille nu, dans une cave... ligoté à une chaise.
Noah, Julien, Maxime : trois trajectoires qui se croisent et s'embrassent pour mieux s'embraser. À l'origine de ce triangle noir, un secret abyssal ; le brasier d'une plaie ouverte qui consume les êtres et les pousse aux pires folies.

Certaines lectures ne nous laissent pas indifférents. Et parmi celles-ci, il y en a qui nous prennent aux tripes. Laisse Brûler est un claque, un roman qui sort de mon type de lecture habituel et qui fait prendre brutalement contact avec une réalité des plus dures et crues. Nous rencontrons et suivons Noah, Julien et Maxime. Nous découvrons petit à petit leurs histoires, leurs vies. Un roman et des situations très mystérieuses au début, que nous démêlons petit à petit.

La haine, la tristesse, la rancoeur, le vide, le noir, la mort, la douleur, le désespoir, le malheur... Si vous cherchez un livre émotionnellement puissant, tant pour les personnages que pour le lecteur, vous venez tout juste de le trouver.  Les mots sont justes et n'épargnent rien ni personne. Antoine Dole écrit sans tabou ni limites, il réussit à trouver les mots qui nous font à la fois aimer une histoire et en être horrifié. À travers ce roman, il dénonce une cruelle réalité de notre société, souvent ignorée. Impossible d'en dire plus sans gâcher votre future lecture, je vous laisse découvrir tout cela par vous-mêmes...

Dès les premières pages, on reste dans l'attente d'une lueur d'espoir. Dans l'attente d'un peu de lumière, à l'intérieur de ce monde sombre. Et lorsqu'on pense que les personnages sont au fond, qu'ils ne se relèveront pas et que leur situation est pire que tout ce qu'on pourrait imaginer... Les phrases nous emportent encore plus bas. J'admire réellement la qualité d'écriture de cet auteur, qui nous dépeint un monde malade grâce à des mots choisis avec soin. Il resulte de tout cela un livre sublime, addictif et mystérieux.

C'est puissant, émouvant et extraordinaire. Un roman difficile mais d'une beauté surnaturelle, avec des individus brisés et éprouvés par la vie, qui restent touchants malgré leurs côtés extrêmement sombres. Je ne peux que vous conseiller ce roman profondément boulversant, vous n'en ressortirez pas indemne.

jeudi 25 février 2016

La Passe-Miroir : Livres 1 et 2 - Christelle Dabos

 

Quatrième de couverture du premier tome : Les Fiancés de l'Hiver
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

J'ai beau apprécier un très grand nombre de livres car je ne suis pas une liseuse difficile, certains univers nous marquent plus que d'autres. L'univers de La Passe-Miroir est l'un des plus extraordinaires que j'ai eu la chance de découvrir et en sortir n'est pas une chose aisée. J'avais découvert le premier tome en mars 2014 et ça avait été une énorme surprise pour moi. Même si je n'avais pas écrit d'article sur le blog, j'en gardais toujours un excellent souvenir et j'avais plus que hâte de m'immerger à nouveau dans cet univers grâce au deuxième tome. Malheureusement, le temps est passé et est arrivée la crainte de ne plus me rappeler suffisamment de l'histoire au moment de commencer Les Disparus du Clairdelune. J'en ai donc profité pour relire le premier tome et enchaîner avec la suite...

En 2014, j'avais dit que l'histoire, les personnages et l'univers étaient hors du commun. C'est quelque chose que je peux réaffirmer sans aucun problème. Christelle Dabos nous emporte dans son monde. Un monde qui apparaît comme de plus en plus surprenant, avec son lot d'émotions et de retournements de situation. Il est impossible de s'ennuyer une seule seconde car c'est un univers si riche qu'il se passe toujours quelque chose. Entre deux chapitres, pendant une pause, on croirait presque qu'Ophélie va continuer sa vie sans nous. C'est selon moi ce à quoi nous pouvons reconnaître un monde extraordinaire. Il existe une multitude de personnages et je suis certaine que chacun aurait une histoire passionnante à nous raconter. Il nous est possible de visualiser chaque endroit par lequel nous sommes passés. On croirait même pouvoir passer les miroirs une fois le livre terminé...



« – Je ne saisis pas bien lequel de mes avertissements vous a échappé.
– Vos avertissements, ce n’étaient que des mots pour moi. J’ai besoin de voir votre monde de mes yeux.
Ophélie s’était levée de sa chaise pour essayer de lui parler en face, mais c’était impossible avec ce cou coincé devant un homme aussi grand. Elle avait à présent une vue imprenable sur la montre à gousset de Thorn, dont la chaîne pendait à l’uniforme.
– Avec la complicité de qui êtes-vous sortie ?
– De votre porte arrière. Je l’ai apprivoisée. »
Extrait du premier tome : Les Fiancés de l'Hiver

Que ce soit dans le premier ou le deuxième tome, les protagonistes sont minutieusement travaillés et deviennent des compagnons, bien plus que de simples personnages de papier. Ils évoluent à travers les pages et nous laissent entrevoir leurs envies, leurs secrets, leurs peurs... Sans que rien de tout cela ne soit prévisible ! La maladroite Ophélie est attachante dès les toutes premières pages. C'est un personnage comme on en voit peu, plutôt éloigné des héroïnes habituelles. Avec sa facilité déconcertante pour tout casser ou renverser sur son passage, son écharpe à trois couleurs toujours autour du cou et ses talents de liseuse peu ordinaires, on ne peut que se lier d'affection et se reconnaître parfois en elle. Et malgré les hauts et les bas dans leur relation avec Ophélie, on se lie aussi bien vite à sa tante Roseline, au froid et impassible Thorn, à la blonde Berenilde, au charmeur Archibald, au fidèle Renard, à la mystérieuse Gaëlle... Ils sont tous reconnaissables entre mille et, chose rare, les descriptions sont si précises qu'il m'est possible de les imaginer dans les moindres détails sans aucun problème.

Le premier tome, Les Fiancés de l'Hiver, est paru en juin 2013 en tant que vainqueur du concours du premier roman organisé par Gallimard Jeunesse. Il était ouvert à tous les auteurs en devenir n'ayant encore rien publié. Quelle joie d'avoir pu découvrir cette magnifique saga ! Il aurait été extrêmement dommage de passer à côté. C'est en effet une série qui mérite l'engouement du public et que je ne peux que vous conseiller si vous ne la connaissez pas encore. Avec un premier tome envoûtant et un deuxième tome plus sombre et mystérieux, Christelle Dabos nous happe, impossible d'y échapper.

Alors n'hésitez plus. Allez arpenter les rues de la Citacielle, perdez-vous dans le domaine du Clairdelune, découvrez les secrets et intrigues de la Cour et de l'esprit de famille Farouk. Il vous sera impossible de regretter le voyage...

lundi 8 février 2016

Qui es-tu Alaska ? - John Green



La vie de Miles Halter n'a été jusqu'à maintenant qu'une sorte de non-événement. Décidé à vivre enfin, il quitte le cocon familial pour partir dans un pensionnat loin de chez lui. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.

J'écris ces mots alors qu'il me reste quarante pages à lire, sur les 403 de ma version du livre. La fin approche à grands pas. Et je n'ai pas envie... Depuis le début de ma lecture, je suis immergée dans l'univers de Miles Halter et j'ai tout découvert en même temps que lui. Son entrée à Culver Creek, sa rencontre avec le Colonel, qui partage sa chambre, et la découverte d'Alaska. La fameuse Alaska... Je la qualifierais de mystérieuse et d'atomique. Comme une bombe, sur le point d'exploser et de tout ravager sur son passage. Si Hazel* se disait être une grenade, c'est dans une certaine mesure aussi le cas pour Alaska. Miles l'adore immédiatement et c'est aussi le cas pour nous. C'est un personnage comme on en voit peu, dégageant une aura extraordinaire grâce à leur description et leur façon d'agir. Elle nous apparaît à l'exact opposé de Miles, au départ réservé et discret. 

Je mourais d'envie de m'allonger contre elle, de la prendre dans mes bras et de dormir. Pas de baiser, comme dans le film. Pas même de faire l'amour. Juste de coucher ensemble, au sens innocent du terme. Mais je manquais de courage et elle avait un copain et j'étais gauche et elle était sublime et j'étais désespérément ennuyeux et elle était infiniment captivante. Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j'étais de la bruine et elle, un ouragan.

Ce n'est pas la narratrice mais il est évident qu'elle est le personnage principal de toute l'histoire. Du titre à la page 358 sur 403, où j'en suis, on ne parle que d'elle. Et je sais que c'est loin d'être terminé. C'est ici que je vois le génie de John Green. Il nous raconte l'histoire d'Alaska Young, à travers les yeux de Miles. Nul doute que tout aurait été différent si elle avait raconté sa version des faits. Car alors que la fin approche, je suis toujours dans le doute. J'ai l'impression de ne jamais pouvoir réussir à cerner qui elle est et ce qu'elle pense réellement. Le mystère Alaska Young reste entier...

C'est la première fois que je commence à écrire un article alors que je n'ai pas terminé le livre. Mais ce roman est particulier. Je n'ai aucune idée de ce que me réservent les dernières pages. Une chose est sûre : pour le moment j'ai beaucoup souri, mais quelques larmes se sont aussi invitées... Et c'est une des raisons pour lesquelles j'adore cet auteur. En quelques chapitres seulement, il nous fait passer par tous les états possibles et imaginables. La joie, l'espoir, la tristesse, le désespoir... Nous ne sommes jamais épargnés.

Il est maintenant l'heure de lire les dernières pages, tout cela avec un peu d'inquiétude...

Livre terminé, dernière page tournée. Une fin magnifique que j'ai adorée. Ces pages me réservaient encore beaucoup de surprises. J'en ai vu une arriver un peu avant Miles et ses amis, mais cela ne m'a pas dérangée. Tout ce que je pensais à propos de ce livre avant d'en lire la fin se trouve renforcé. J'ai vraiment passé un excellent moment de lecture et je ne regrette pas de m'être enfin mise à ce roman que plusieurs amis me conseillaient très fortement. Vous ne pourrez plus me regarder de travers en m'expliquant que lire ce livre est une nécessité absolue ! (N'est-ce pas Elora ?) 

Aujourd'hui, c'est donc moi qui vous conseille ce roman, si vous ne l'avez pas encore lu. John Green joue avec les mots d'une façon remarquable, nous livrant une histoire sublime et extraordinaire. Parfois douce, parfois violente, elle ne peut que nous faire penser et réfléchir. Je peux vous assurer que la jeune Alaska Young et ses mystères ne vous laisseront pas indifférents. 

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*Dans Nos étoiles contraires aussi écrit par John Green (mon article ici, un des premiers publiés sur le blog).