Les Mondes de Clèm: Florence Hinckel
Affichage des articles dont le libellé est Florence Hinckel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Florence Hinckel. Afficher tous les articles

samedi 30 septembre 2017

Le Grand Saut (Tomes 1 et 2) - Florence Hinckel

  

Il y a deux semaines, j'ai eu la chance de recevoir les deux premiers tomes de la série "Le Grand Saut", écrite par Florence Hinckel. J'en avais beaucoup entendu parler, à la fois en très bien et en moins bien. (Pour tout vous dire, je n'avais connaissance de l'avis que de deux personnes, mais qui en avaient parlé beaucoup.) Actuellement, impossible de me rappeler ce qui avait été écrit dans les articles que j'avais lus. J'irai probablement les (re)lire par la suite, quand j'aurai terminé cet article. Pour l'instant, entrons dans le coeur du sujet...

Dans "Le Grand Saut", nous faisons la connaissance de six amis. Ils se sont rencontrés en sixième, ne se sont plus quittés depuis et vont entrer en terminale.

  • Paul fait de la planche à voile et vit avec sa mère ; 
  • Rebecca est "Becko", une Youtubeuse beauté avec un public de plus en plus important ; 
  • Sam essaie de se faire une place au lycée grâce à son humour ; 
  • Iris ne se laisse pas marcher sur les pieds et est toujours là pour ses amis ; 
  • Marion est plutôt discrète et doit faire face à des parents qui ne cessent de se disputer ; 
  • Alex subit la pression de ses parents, qui souhaitent qu'il ait la meilleure école post-bac.

J'ai adoré découvrir leurs vies, leurs histoires et leur amitié, si forte. Deux tomes : une année de terminale entière. L'année du fameux bac, des choix d'avenir "si importants" et l'année de la majorité. Pour tous, cette année sera charnière. Que ce soit sur le plan amical, amoureux, familial ou personnel, ils vont tous évoluer. Ils vont grandir. Cette année sera donc celle du grand saut dans l'inconnu...

Dès les premiers chapitres, j'ai été replongée trois ans en arrière. J'allais entrer en terminale et le bac était encore loin. Quant à savoir ce que je voulais faire plus tard, c'était vague. Très, très, très vague. (Ça l'est toujours, mais le sujet n'est pas là aujourd'hui :D) Alors oui, par le plus grand des hasards, le lycée de la Ciotat où nos amis étudient ressemblait (dans ma tête) exactement au mien.

Je me suis sentie très proche de ces six personnes, tous un peu paumés sur certaines choses. Quand Rebecca tournait ses vidéos, je ne pouvais pas m'empêchait de penser à ma propre expérience de cet été (si vous avez manqué ça, c'est ici). Une chose m'a d'ailleurs faite beaucoup rire. Je cite :

"Elle n'avait d'ailleurs rangé que l'espace compris dans le champ de sa caméra sur pied, c'est-à-dire son lit et sa table de nuit." 
(Page 48 - 1er tome) 

C'est tellement vrai ! Vous ne pouvez pas imaginer le bazar qu'il y avait dans ma chambre quand j'ai tourné mes vidéos... Puisqu'on ne le voit pas à la caméra ! Elle va ensuite s'essayer au théâtre, ce que j'adore. Quand Marion, en bac S, recherche des écoles à entrer sur APB (Admission Post Bac), elle se trouve à demander l'école dans laquelle je suis. Ce n'est pas précisé, mais j'ai eu la puce à l'oreille et après confirmation de l'auteure en personne, c'est bien mon école d'ingénieur ! Il y a eu aussi de nombreuses autres petites choses. Chaque personnage m'a semblé si réel, c'était un vrai plaisir de les rencontrer et de passer quelques heures avec eux.

Vous vous direz probablement qu'il s'agit encore d'un énième roman, sur des ados au lycée. Pourtant, je vous assure que cette série est particulière et saura vous toucher. Elle aborde de nombreux sujets, plus importants les uns que les autres. La découverte de soi-même et de son entourage, l'acceptation de soi et des autres, les changements qui peuvent s'opérer en nous au cours d'une année. Et surtout le fait que la vie telle que nous l'avons vécue pour l'instant n'est pas figée. Tout peut toujours basculer, au moment où on s'y attend le moins.

Les chapitres se sont enchaînés très vite et les surprises ne manquaient jamais. Je viens d'enchaîner les deux tomes, je continuerais bien avec le troisième. Je me suis beaucoup attachée à Alex, Rebecca, Iris, Sam, Paul et Marion. J'ai envie de savoir ce qu'ils vont devenir et comment leur amitié va évoluer. Une chose est certaine, après l'année de terminale qu'ils viennent de vivre, rien ne sera plus jamais comme avant... Vivement le mois de mai prochain.

À la fois l'histoire de six amis et six histoires personnelles, ces deux premiers tomes du Grand Saut ne vous laisseront pas indifférents. N'hésitez pas, vous tomberez sous le charme de ces personnages aux caractères si différents mais tellement complémentaires !

mardi 26 avril 2016

Quelle différences entre la littérature "jeunesse" et celle "pour adultes" ?

Dans le cadre de l'écriture d'un essai sur la littérature jeunesse, j'ai demandé à plusieurs personnes leur point de vue sur la question suivante. 

Comment ressentez-vous la "différence" ou "frontière" entre la littérature dite "jeunesse" et celle dite "pour adultes" ?

Auteurs et éditeur ont accepté de répondre à cette question ! Je remercie énormément Cat Clarke, Cathy Ytak, Clémentine Beauvais, Florence Hinckel et Tibo Bérard. Voici donc leurs réponses, par ordre alphabétique de prénom car je ne souhaite pas les classer. (Retrouvez aussi en cliquant ici les résultats du sondage sur la littérature jeunesse et les blogueurs.) 

Et vous, que pensez vous de cette "frontière" ?

La réponse de Cat Clarke, auteure de Revanche et A Kiss In The Dark (entre autres)

In English: For me the difference between a book for children and young adults, and one for adults, is the point of view. An adult book can have a child main character, but usually the action is being narrated from a point in the future, when the child has grown up. There is also usually a certain sense of 'knowing' to the point of view. Another common difference is that children's and YA books have to move at a faster pace. The reader has less patience for a slow build-up, or for pages and pages of description. Of course, there are always exceptions, and rules are made to be broken!

En Français : Pour moi, la différence entre un roman jeunesse, young-adult ou bien un pour adultes, est le point de vue. Un roman pour adultes peut avoir un enfant en personnage principal, mais l'action est souvent narrée d'un point de vue futur, quand l'enfant a grandi. Il y a aussi une certaine impression de "complicité" avec le narrateur. Une autre différence est que les livres jeunesse et YA se doivent d'avoir un rythme plus soutenu. Le lecteur a moins de patience pour une intrigue lentement construite ou bien pour des pages et des pages de descriptions. Bien évidemment il y a toujours des exceptions et les règles sont faites pour être contournées !

La réponse de Cathy Ytak, auteure de Pas Couché et 50 minutes avec toi (entre autres)

Pour moi, il y a deux choses assez différentes.
La littérature vraiment "jeunesse" (qui s'adresse à des enfants jusqu'à douze, treize ans environ), et la littérature ados (qui est néanmoins toujours étiqueté "Jeunesse").
La frontière est très floue entre littérature pour ados et littérature pour adultes, et ce sont les éditeurs qui la font.
Pour moi, cette frontière n'existe pas. J'écris exactement de la même manière pour des ados et pour des adultes…

Alors, donc... la différence entre la littérature jeunesse (moins de 13 ans environ) et la littérature adulte :
Il y a, je pense, de la part du grand public, une vraie méconnaissance de cette littérature, et encore beaucoup de condescendance (voire un peu de mépris !).
On entend parfois dire "c'est facile d'écrire pour les enfants"… Or je pense que c'est le contraire. Cela demande beaucoup de rigueur et d'attention. Et, non, ce n'est pas "facile".
Il y a dans la littérature jeunesse de vrais trésors qui peuvent entraîner les adultes très loin...

La couverture médiatique de la littérature jeunesse est aussi très réduite, par rapport à la littérature adulte. Pas de magazines grand public sur la littérature jeunesse, par exemple. Quelques rares émissions de radio, pas d'émissions de télévision…
La littérature jeunesse est le secteur littéraire qui marche le mieux… et c'est celui dont on parle moins !
Le seul point positif de ce désintérêt de la presse en général pour la littérature jeunesse, c'est qu'elle est, de fait, moins soumise à des effets de mode.

La réponse de Clémentine Beauvais, auteure de Les Petites Reines (entre autres)

Personnellement, je trouve qu'il y a une frontière assez intéressante, et qui n'a pas toujours existé, entre littérature 'pour enfants' et pour adultes. Cette frontière, c'est celle d'un certain absolu ou d'un certain sens de la nécessité ou de l'universel. En littérature adulte, on a abandonné depuis la deuxième moitié du 20e siècle le sens de l'absolu qui habitait le roman depuis sa création (au 17e siècle). Le roman adulte contemporain est marqué par une sorte de relativisme, il y a peu de discussions de valeurs, d'universels, de questions de vie et de mort. Il y est beaucoup question de considérations personnelles et psychologiques d'individus. Le roman jeunesse, au contraire, présente des situations empreintes d'un vrai sens de l'absolu. Il est question souvent de conflits très importants, d'amour fou, de mort et de force d'existence, de valeurs qui existent au delà des individus. Je pense que c'est aussi ce qui explique qu'un certain nombre de livres qui auraient autrefois été publiés en adulte (en 'normal', en fait), sont publiés en jeunesse. C'est quand ils transmettent cette impression d'absolu, de 'grandes questions'.

La réponse de Florence Hinckel, auteure de L'été où je suis né, Quatre Filles et Quatre Garçons, #Bleue et U4 : Yannis (entre autres)

Vaste débat, chère Clèm ! Dans la littérature pour la jeunesse, il faut distinguer les romans à destination des enfants et ceux à destination des adolescents. Dans les premiers, il y a une attention particulière au langage pour qu'il soit accessible à des premiers lecteurs (avec quand même quelques mots à chercher dans le dico !), il faut aussi veiller à ne pas trop tordre la linéarité de l'histoire, qui les perdrait. Pour les ados ou les jeunes adultes, on est totalement libres dans ces domaines-là. Et du coup la frontière avec la littérature dite générale est très floue, voire elle n'a aucune raison d'être, la plupart du temps ! On peut juste relever cette constante : souvent les héros sont des ados ou des jeunes adultes. Et les genres dits mineurs en littérature générale sont très bien représentés en jeunesse et appréciés à la même hauteur que les récits "plus nobles" proches de la littérature blanche : SF, fantastique, policier. La liberté est beaucoup plus grande pour l'écrivain, et le choix plus vaste pour le lecteur ! Sinon, un bon roman, qu'il soit publié en jeunesse ou en litté générale (qui ne sont peut-être que des sectorisations marketing), c'est un roman universel, qui peut plaire à tous les âges.

La réponse de Tibo Bérard, éditeur chez Sarbacane, directeur des collections Pépix et Exprim (retranscription d'un appel téléphonique)

Il y a deux réponses différentes en fonction des collections dont je m'occupe.

Il y a la collection Pépix, pour des romans d'enfance, qui a un lectorat clairement ciblé : les 8-12 ans. C'est vraiment autre chose que la littérature adulte. Celle-ci est pensée pour les enfants et on se concentre sur les deux dynamiques de la collection : l'humour et l'aventure. On propose donc des romans pensés pour cet âge là. C'est un petit peu sur des critères de difficulté, d'accessibilité de lecture. Si on s'adresse aux enfants, on fait attention de proposer des structures syntaxiques riches mais accessibles à tous. Nous sommes là pour accompagner un enfant qui commence à lire tout seul, à 7-8 ans, et qui devient vraiment autonome à 9-10 ans. J'aime bien l'idée de ne pas les prendre pour des idiots. Il y a plein de choses différentes : des propositions subordonnées, des inversions de sujet, des phrases nominales... Dans ces propositions de romans d'enfance, est-ce qu'on s'interdit des sujets, ce n'est pas vraiment le mot. C'est plutôt qu'il y a des sujets qui ne concernent pas encore les enfants, ou du moins des façons de les traiter qui ne les concernent pas encore. Par exemple, on va faire un Pépix prochainement, qui parle de la situation des migrants. On peut donc leur parler de tout, mais faire le récit d'un corps déchiqueté ça n'a pas beaucoup d'intérêt pour un enfant. Donc pour toute cette sphère là, lorsqu'on est dans le roman d'enfance, il y a des différences avec la littérature adulte assez marquées. On se concentre sur le plaisir de la narration, on fait quand même un travail d'accessibilité au texte, question qui ne se pose pas trop en littérature générale. Encore que, quand on voit certains gros succès de librairie... D'ailleurs, Marc Levy le dit, il travaille à clarifier ses phrases le plus possible. En revanche même dans le cadre d'une littérature jeunesse pensée comme ça, je ne vois pas pourquoi elle serait hiérarchisée. Je ne vois pas pourquoi elle serait en dessous de la littérature générale. Ces romans là d'enfance sont plus joyeux, plus faciles d'accès, souvent plus courts, mais ça ne veut pas dire qu'ils sont moins bons. C'est aussi le fruit d'un travail littéraire.

En revanche quand on parle de roman ado-adulte, c'est une toute autre question. Très clairement, pour moi il n'y a pas de différence de niveau de lecture ou encore d'ambition littéraire. Je trouve que les romans que je publie dans ma collection rivalisent sans aucun problème avec les romans qui peuvent paraître lors de la rentrée littéraire française. La différence si elle se fait, n'est donc pas là. En fait, elle ne se fait pas sur le public. Personnellement, je ne parle pas de romans ados ni de romans jeunes adultes, je parle de romans ados-adultes. Il s'agit de romans qui touchent autant les adultes que les ados. Ce qu'il y a c'est une attention portée à l'énergie de l'adolescence. La différence pour moi est une question d'énergie, de rythme narratif. Il y a souvent des romans qui sont plus tournés vers la narration "à l'Américaine", c'est à dire qu'on fait passer la narration en premier lieu et on en dégage un propos problématique ou des thématiques en deuxième lieu. Au contraire, la littérature classique française a plutôt tendance à faire l'inverse, à être une littérature cérébrale qui part d'un thème en mettant en jeu, pour l'exploration de ce thème, un style. Et la narration vient en troisième plan. Par exemple "Réparer les vivants" (Maylis de Kerangal) est typique : thématique centrale, un style déployé autour de cette thématique et ensuite en dernier plan une intrigue qui ne tient pas sur grand chose. Côté ado-adulte, on va plus privilégier des récits forts, des personnages, des scènes dialoguées, un sens de la narration, un enjeu narratif. À mon sens le style vient en deuxième lieu et le sujet en dernier. Ça se joue surtout là, c'est-à-dire quelque chose d'assez décomplexé par rapport au propos. Je pense que c'est une littérature qui se veut moins cérébrale, plus créative et récréative. Mais qui pourrait très très bien atterrir sur les tables de littérature générale. Il n'y a aucun inconvénient à ce que ça se fasse, si ce n'est que je trouve que c'est bien de marquer l'attention portée aux jeunes. De toute façon, c'est une approche qui est aussi commerciale. « Soit on entre dans les livres par la littérature générale, soit on rentre par l'ado-adulte parce qu'on estime que c'est plus fun, pour le dire simplement. C'est souvent plus joyeux, plus festif et je trouve que c'est un genre qui s'offre plus de libertés dans la narration.

mardi 27 janvier 2015

#Bleue - Florence Hinckel

Ceci est le premier article du blog pour l'année 2015, premier article depuis bien longtemps... Une petite perte de motivation, moins envie de me plonger dans de nouvelles lectures. Dans toute passion, il y a des hauts et des bas, et c'est un peu ma période "bas" depuis plusieurs mois. Il y a aussi les évènements de la vie, qui font que les centres d'intérêts se diversifient. Le travail au lycée qui s'intensifie, les réflexions sur l'année prochaine qui sont de plus en plus nombreuses, les inscriptions sur le site d'admission post-bac qui viennent d'ouvrir, les dix-huit ans qui vont arriver bien trop rapidement, les semaines qui passent à la fois vite et trop lentement... Une nouvelle année qui a extrêmement bien commencé pour moi, puis qui s'est un peu ternie le mercredi 7 janvier avec les évènements de Charlie Hebdo, pour faire jaillir ensuite un élan de solidarité et de défense de la liberté d'expression dans le monde entier. Pour un temps, du moins...

Aujourd'hui, malade et au lit toute la journée, l'envie de lire m'est soudainement revenue. Et le livre qui m'a attirée est #Bleue, de Florence Hinckel...


Imaginez-vous dans quelques années ou bien dans quelques dizaines d'années. Les scientifiques ont trouvé une méthode permettant de supprimer la douleur, de supprimer les souvenirs douloureux. La CEDE, Cellule d'Éradication de la Douleur Émotionnelle, est chargée de ces suppressions. Tous les mineurs ont l'obligation de passer par la CEDE en cas de traumatisme, de mal-être. Car l'humanité doit vivre heureuse. En diminuant la douleur, les conflits diminuent et la paix peut être instaurée. Un passage par la CEDE laisse un point bleu sur le poignet droit et est signe d'une force émotionnelle. Souffrir est une faiblesse.
Imaginez-vous dans quelques années ou bien dans quelques dizaines d'années. Suite à la révolution internet de la fin du XXe siècle, tout le monde est désormais connecté au Réseau. Un manque d'activité sur le Réseau de plus de cinq minutes est inquiétant et très mal vu. Être sans cesse connecté est une habitude.

Commencé en début d'après-midi, je l'ai lu d'une traite et terminé environ deux heures et demi plus tard. Premier livre que je lis en entier depuis fin novembre, j'ai adoré me plonger à l'intérieur. Un roman d'avenir qui fait plus qu'écho à l'actualité, que ce soit concernant l'addiction de notre société à internet, les libertés que nous avons et celles que nous croyons posséder, mais aussi concernant la place des médias et leur manière de façonner notre vision du monde.

Nous découvrons l'histoire de Silas, dont la vie se retrouve boulversée au moment où Astrid, sa petite amie, se fait accidentellement renverser par un camion. Il se fait alors emener de force par les agents de la CEDE. Pour oublier toute sa douleur. 
Au fil des pages, nous découvrons la relation qu'il entretenait avec Astrid et la force de leurs sentiments. Un Silas sensible et attachant, une Astrid flamboyante et un peu casse-cou. Deux personnages pour lesquels on ne peut que se prendre d'affection.

L'intrigue se dévoile au fur et à mesure sous nos yeux. Florence Hinckel nous offre un roman très complet, qui m'a à la fois surprise, révoltée et beaucoup touchée.  J'ai été surprise par chaque nouvel élément que l'histoire nous apportait. D'abord du point de vue de Silas dans la première partie, puis du point de vue d'Astrid dans la deuxième, nous en apprenons à chaque chapitre un peu plus sur eux, dans ces deux parties qui se complètent. Dans la troisième et dernière partie, beaucoup plus courte, nous retrouvons Silas et avec lui une nouvelle dose de rebondissements, tout en reprenant la narration où elle s'était arrêtée à la fin de la première partie. J'ai été révoltée par cette société qui n'est finalement pas si distante de la notre, si ce n'est par une évolution numérique et scientifique. J'ai été touchée par l'histoire de Silas et Astrid, par leur amour et leurs moments de bonheur poétiques. Mais aussi par la réaction de Silas après passage à la CEDE.

Silas et Astrid ne sont pas seuls dans cette histoire. Qu'il s'agisse de leurs pères, de leurs mères, de leurs amis Benjamin et Marion, de Susie la petite soeur d'Astrid, mais aussi des autres que nous découvrons au fur et à mesure, chaque personnage évolue tout au long de l'histoire et possède un caractère et une personnalité unique. Une mention spéciale pour la famille d'Astrid, que j'ai vraiment aimé découvrir et dans laquelle ça ne va pas pour tout le monde réellement « pour le mieux dans le meilleur des mondes »...

Je n'avais aucune envie d'arrêter de tourner les pages, de quitter cette histoire et ces personnages sans savoir ce qui allait leur arriver. C'est pourquoi je ne l'ai pas fait, jusqu'à ce que j'y sois obligée, par l'arrivée de l'épilogue dans les trois dernières pages. Ce qu'il m'est resté en fermant le livre, c'est la sensation d'une histoire qui parle avec douceur d'une société dure, mais aussi la furieuse envie de vous écrire pour vous faire connaitre cette histoire et simultanément l'envie de me déconnecter d'internet. (Ce qui, je dois l'avouer, est tout à fait contradictoire.) Il reste tout de même l'envie d'arrêter de regarder toutes les cinq minutes mon fil d'actualité facebook, tout en sachant qu'il n'y aura rien de nouveau depuis la dernière fois. Et ces quelques mots...

     J'aimerais parler à chacun, lui dire : « Toi qui m'écoutes, souviens-toi que tu es un humain. Souviens-toi de ce que cela signifie.
     Souviens-toi de la vie. De toutes les couleurs de la vie... »

#Bleue est une perle. Un magnifique roman, qui nous parle à la fois de sentiments et de ce à quoi pourrait nous mener notre société, à l'heure où les réseaux sociaux ont une importance considérable. Une histoire qui fait réfléchir, tout en nous faisant aimer notre vie. Plus que jamais.

jeudi 17 juillet 2014

Quatre Filles et Quatre Garçons - Florence Hinckel


Éditions Talents Hauts
570 pages
Réédition en intégrale de la série Ligne 15 (8 tomes en un)

Il a fallu trouver un ordre de passage. Allongés sur la plage, une de celles du milieu de la corniche, à se dorer au soleil, on a réfléchi. On avait étendu nos serviettes colorées en cercle, nos pieds au centre.
– Faut le jouer à la courte paille ! a lancé Corentin.
Résultat des courses : c'est moi qui ai tiré la plus petite. Voilà pourquoi je commence.
Dans l'ordre, suivront Benoît, Sarah, Dorian, Justine, Mehdi, Clotilde, puis Corentin.
– C'est drôle, quand même, a constaté Sarah, ça fait une fille, un garçon, une fille, un garçon...
Je trouvais que c'était bon signe. Signe que notre projet de journal à huit mains avait reçu la bénédiction du hasard.
Deux heures plus tard, le bus s'est arrêté devant nous. J'ai regardé le gros 15 inscrit sur l'écran lumineux qui surmontait le pare-brise de l'autobus.
Je me suis aperçue que c'était dans cette direction que nous allions tous les huit. Vers nos quinze ans.

Huit amis qui ont décidé de garder une trace de leur troisième en racontant un mois de leur année, chacun leur tour. Avec eux nous embarquons dans une aventure qui semble banale mais qui est pour le moins difficile. Grandir n'est jamais simple...

Leur manière de contribuer à ce projet est personnelle et il y en a pour tous les goûts : journal intime, blog, feuilles volantes, lettres, enregistrement... La monotonie n'a pas sa place et les surprises sont au rendez-vous, impossible de s'ennuyer.

La première à commencer à écrire est Joséphine, Jo. Un début qui n'a pas été facile, à cause de l'écart d'âge entre elle et moi. J'ai eu du mal à m'identifier à elle pendant les premières pages. Aussi, le fait d'avoir huit personnages principaux n'a pas aidé. Qui est qui ? Quel est le caractère d'untel ? Mais cette petite difficulté a vite été surmontée en avançant dans le récit. Quand vient leur tour, nous apprenons réellement à les connaître et leurs relations les uns aux autres n'en sont que plus claires pour le lecteur.

La différence d'âge ne m'a pas gênée par la suite. Au fil de cette année, tous ces personnages se complexifient et je me suis laissée prendre au jeu, en reconnaissant une partie de moi dans chacun. Certains, mystérieux à travers le regard de leurs amis, nous intriguent particulièremen et c'est avec plaisir que nous nous immergeons dans leurs pensées quand arrive leur tour.

Nous découvrons leurs secrets, les problèmes auxquels ils font face, ce qu'ils essaient de cacher ou encore ce qu'ils ne veulent pas s'avouer. Relations difficiles avec les parents, homophobie, harcèlement, anorexie, décisions qui ne sont pas acceptées, premiers amours... Tout est abordé en douceur et est extrêmement bien intégré dans le récit. Bien sûr, il n'y a pas que des mauvaises choses. Le bonheur apparaît aussi, un bonheur complet grâce à leur présence les uns pour les autres. Ils peuvent compter sur leurs amis, même si leurs relations ne sont pas toujours simples au sein de leur petit groupe.

Une année qui apparaît comme une traversée, une métamorphose avec des changements en chacun d'eux. La fin du collège, tout le monde l'a vécue ou la vivra. C'est le début d'un changement. Des amis qui se séparent, une vie qui change et l'insouciance du collège est parfois regrettée. J'aurais vraiment aimé avoir l'idée d'écrire un tel témoignage avec mes amis...

Quatre Filles et Quatre Garçons (anciennement Ligne 15), c'est frais et agréable à lire. Pourtant 570 pages, ce n'est pas rien et le nombre peut faire peur à certains. Mais Florence Hinckel nous fait aimer ses personnages qui nous accompagnent tout au long de notre lecture. Nous ne lisons pas un livre écrit par une et unique personne, mais par Jo, Benoît, Sarah, Dorian, Justine, Mehdi, Clotilde et Corentin. Étrange de se dire qu'ils n'ont pas vraiment existé...

Quand vient la fin, on a vécu avec eux pendant toute une année. Et on ne peut que se dire qu'ils vont nous manquer et qu'on aimerait savoir ce qui va leur arriver par la suite. Ce n'est peut-être qu'un livre et ce ne sont peut-être que des personnages de papier, mais comment ne pas les trouver adorables et s'attacher à eux ?


Un livre à lire par tous les grands et anciens collégiens, qui s'y reconnaîtront. Pour citer Le Roi Lion l'une des plus grandes références philosophiques du monde : c'est l'histoire de la vie !

mardi 11 mars 2014

Chat va faire mal ! - Florence Hinckel


Illustrations de Joëlle Passeron
Éditions Nathan
88 pages - Dès 8 ans
À paraître le 13 mars


Je suis un chat, je m'appelle Pitre, et il m'arrive une chose terrible : mes maîtres ont décidé de partir en vacances… sans moi ! En plus, ils veulent me confier à la voisine, la méchante Mme Piolet, et son affreux chat Malo. J'en tremble d'avance !

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé la plume de Florence Hinckel, pour une aventure… Complètement chabracadabrante !

Prenez un chat qui se croit le plus intelligent du monde, une famille qui veut partir en vacances, une voisine étrange, ajoutez un peu de sardines, quelques croquettes, faites une sieste au soleil et saupoudrez d'humour… Vous allez aimer le mélange ! 

L'histoire est courte et amusante, elle est idéale pour les plus jeunes. Pitre réussit à séduire son lecteur dès le début… Quoi de mieux comme narrateur qu'un chat un poil prétentieux mais prêt à tout pour rester avec ses maîtres ? Je n'ai pas de chat, mais je veux bien adopter celui-là ! Chaque chapitre est accompagné d'une illustration de Joëlle Passeron, toutes sont adorables et accompagnent à la perfection l'aventure de notre chat Pitre.

Le dénouement ne m'a pas semblé très réaliste, mais de toute manière, aussi intelligent que Pitre soit-il, pourrait-il réellement écrire un livre sans romancer un peu ?

Une histoire chacrément agréable à découvrir et à faire découvrir !

dimanche 8 septembre 2013

Secrets.com - Florence Hinckel



Éditions Rageot - Collection romans
192 pages
À partir de 11 ans

Mona, 12 ans, partage tout, de ses grands délires à ses petits soucis, avec sa bande de copines. Elle décide de créer, avec la documentaliste du CDI, un site où tous les collégiens pourront, de façon anonyme, faire des confidences et recevoir les conseils de ceux qui les lisent. De la peur du divorce aux bienfaits d’une crème anti-acné, les sujets sont variés et le site est de plus en plus fréquenté ! Mais bientôt la situation dérape et quelqu’un révèle un secret trop lourd à porter… Info ou intox ? De qui s’agit-il ? Comment l’aider ?

J'étais très curieuse de découvrir ce petit roman. En effet, je suis persuadée que ce résumé ne vous laisse pas indifférent... Mais quel est donc ce grand secret ? Secrets.com est une petite histoire que j'ai lue avec grand plaisir.

Comme toujours, Florence Hinckel manie les mots avec brio. Dans certains romans, il m'arrive de trouver que l'auteur s'est "trompé" dans l'âge de ses personnages. Nous avons donc le droit, par exemple, à des jeunes de 12 ans avec un comportement d'enfants de 8 ans. Ici, ce n'est pas du tout le cas ! Les personnages sont très bien construits, que ce soit dans leur comportement ou ce qui leur arrive... Ils en viennent presque à devenir réels. Mona a presque 12 ans, mais elle se pose beaucoup de questions. Est-elle encore une petite fille ou est-elle déjà grande ?

Sous son apparence anodine, ce roman est donc plus qu'une simple histoire de jeunesse. Via l'ouverture de ce site, Mona essaie d'aider les autres. Or, elle va aussi s'aider soi-même car grandir n'est pas toujours facile et entraîne parfois des complications... Comment faire face à la jalousie des autres ? Comment faire face aux changements qui lui arrivent, si bien qu'elle a du mal à se reconnaître dans le miroir ? Que faire avec les garçons qui semblent s'intéresser à elle, alors qu'elle n'a rien de particulier ?

J'ai été un peu déçue lors de la révélation du grand secret, j'en attendais sûrement trop. Mais ce secret est aussi quelque chose de très important, qu'il ne faut pas négliger et qui est d'ailleurs très bien traîté dans l'histoire. (L'auteur m'a précisé que le secret a été changé, pour s'adapter à l'âge des lecteurs auxquels s'adresse cette collection.)

Avec secrets.com, Florence Hinckel signe un nouveau roman que je ne peux que vous conseiller !(Ou à vos petites soeurs, petits frères, enfants, nièces, neveux, chats, chiens, poissons rouges...)

Sortie le 18 septembre