Les Mondes de Clèm: Christophe Mauri
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lundi 17 juin 2013

Mathieu Hidalf et le sortilège de Ronces - Christophe Mauri



Éditions Gallimard Jeunesse
Paru en septembre 2012
379 pages


C'est avec un immense plaisir que j'ai retrouvé Mathieu Hidalf, dans la suite de ses aventures. Il doit faire face à un grand défi, annuler son mariage forcé avec Marie-Marie. Mais dans le royaume, tout ne se passe pas comme prévu... J'ai adoré ce troisième volume. L'univers est toujours aussi magique et je m'y plais de plus en plus. Ce royaume de conte de fée est exceptionnel. Mais il n'est pas si agréable d'y vivre, car dans l'école de l'Élite, des évènements inattendus et catastrophiques surgissent... C'est d'ailleurs un des points forts du roman. Christophe Mauri a réussi à me surprendre sur des choses auquelles je ne m'attendais pas. Les évènements s'enchaînent sans temps morts, et les 379 pages du roman défilent à une vitesse folle. J'ai adoré la fin du roman, où les révélations surprenantes sont les plus nombreuses. En revanche, beaucoup de questions restent encore en suspens...

Les personnages sont extraordinairement adorables. J'aime de plus en plus Mathieu Hidalf qui, malgré la carapace qu'il se donne, apparaît plus vulnérable et plus humain. En effet, qui ne fait jamais d'erreurs ? En ce qui concerne Marie-Marie du Château Boisé, elle prend de l'importance dans le livre. Je ne gardais pas un grand souvenir d'elle et j'ai donc apprécié la découvrir un peu son caractère. Dans les soeurs de Mathieu, Juliette d'Or est présente dans une grande partie de l'histoire mais ses actions ne sont pas mémorables. Elle recherche quelqu'un, mais ne déploie pas assez d'ingéniosité, à mon goût, pour le trouver... Les deux petites Juliette d'Argent et Juliette d'Airain, en revanche, ne sont quasiment pas là. Je comprends ce choix, étant donné qu'elles ne sont pas utiles à l'avancée du récit, mais j'aurais aimé les voir un peu plus ! Je ne peux pas clore cette partie sur les personnages sans citer les amis de Mathieu, Pierre Chapelier, Roméo Pompous (fou amoureux de Juliette d'Or) et Octave Jurençon (neveu du roi). Ils sont toujours prêts à vivre de nouvelles aventures avec Mathieu. Malgré tout, il m'arrive souvent de les confondre...

Pour parfaire un voyage au royaume Astrien, il faut sans aucun doute la plume de Christophe Mauri. Légère et agréable, elle nous entraîne dans un voyage plein d'aventures... De plus, il maîtrise son monde à la perfection et rien n'est jamais laissé au hasard.


- Chaque fois que je promets quelque chose, un évènement indépendant de ma volonté m'empêche de tenir parole... La dernière fois, Juliette d'Or m'avait fait promettre de donner un mot d'amour à Tristan Boisdoré...
- Et quel évènement indépendant de ta volonté t'a empêché de tenir parole ? s'inquiéta Roméo [...].
- J'ai perdu le mot... [...] De toute façon, [...] j'avais aussi oublié de le transmettre à Tristan.
Chapitre 5 - Pages 86/87


En conclusion, ce roman a été un coup-de-coeur grâce à son univers magique, son intrigue excellente, ses personnages à ne plus laisser partir et grâce aux mots si bien choisis de son auteur.

Un  troisième tome passionnant, d'une série dont je ne me lasse pas !
La suite en octobre 2013...

   

Cliquez sur les couvertures pour lire mes chroniques du premier et deuxième tome.

Retrouvez un interview de Christophe Mauri en trois parties, réalisé en juin 2012 : 

dimanche 20 janvier 2013

Interview de Christophe Mauri (Partie III)


En juin dernier, Thib' et moi avons eu la chance de rencontrer et interviewer Christophe Mauri, jeune auteur de la série Mathieu Hidalf (vous pouvez retrouver ma chronique du premier tome ici, et celle du second ici). Cet interview vous est présenté en trois parties indépendantes. Bonne lecture !

Christophe Mauri au salon du livre de Cherbourg, en juin 2012
Clèm & Thib' : Êtes-vous content d'avoir été édité chez Gallimard, une aussi grosse maison d'édition, et l'éditeur français d'Harry Potter, votre saga coup de coeur ?
Christohpe Mauri : Tu as tout dit ! C'est une raison pour laquelle j'ai été très heureux de travailler avec cette maison d'édition. Une autre raison qui compte énormément pour moi, c'est qu'à 13 ans, j'ai envoyé mes premiers manuscrits à Gallimard Jeunesse. C'est le seul éditeur qui m'ait répondu à chaque fois, toujours d'une manière personnelle, et à chaque fois en m'encourageant. Dix ans plus tard, quand je travaille avec ces mêmes personnes, qui m'avaient encouragées enfant, c'est génial. Gallimard Jeunesse, pour moi c'était un rêve d'enfant. Encore même aujourd'hui, un rêve de jeune adulte. Un jour j'ai rencontré un professeur de CM2 qui disait à ses élèves « C'est comme si vous jouiez au foot au Real Madrid ou au FC Barcelone ! » C'est un peu mon sentiment. Je travaille avec une grande équipe et de entouré de grands auteurs. Évidemment, il y a aussi des tas de maisons d'éditions et de petites maison d'éditions qui font un super travail. Ce n'est pas la taille qui est un gage de qualité. En revanche, je pense que Gallimard Jeunesse est une excellente maison d'édition !

C&T : Y a-t-il eu un gros travail avant l'édition de Mathieu Hidalf ou est-ce que ça a été très vite ?
C.M. : Vous savez l'édition c'est comme le cinéma. Quand on voit un acteur qui parle de son film on a l'impression qu'il a fini le tournage la veille au soir, mais en fait il l'a fini depuis deux ans. Le tome 1 de Mathieu il est sorti il y a neuf mois, et ça fait trois années que j'ai fini ce livre. C'est allé très vite. J'ai envoyé mon manuscrit, un mois après, Gallimard Jeunesse avait pris contact avec moi. Ensuite on m'a dit qu'on aller publier ce livre, mais il y a eu presque deux années entre ce "Oui" et la sortie de Mathieu. Pendant ce temps, j'ai beaucoup retravaillé mon texte. D'abord tout seul, puis avec mes éditeurs chez Gallimard qui m'ont beaucoup aidé à simplifier les choses et à prendre un peu de recul.

C&T : Savez-vous quand paraîtront les prochains tomes ? Le troisième sort en octobre (Hors interview : 2012) et les autres en 2013 ?
C.M. : Le troisième c'est effectivement en octobre et c'est un très gros travail pour moi. Je vous l'ai dit, ça fait trois ans que j'ai fini le tome 1 et du coup je vais souffler un petit peu avant de m'attaquer au tome 4. Je ne sais pas quand il sortira exactement. En tout cas, ce tome sera pour moi un des plus importants de la série, un des plus sombres... Il y a des éléments qui vont se dénouer qui sont ceux auquels je pense depuis que j'ai commencé cette série, il y a trois ans. Quelque part, j'ai hâte d'être dans le feu de l'action et dans ce tome quatre.

C&T : Avez-vous toujours voulu écrire une série ?
C.M. : Dès mes 13 ans, c'était une série que je voulais faire. Tout simplement parce que je crois que c'est quelque chose qui est vraiment à la mode. Harry Potter présentait ce système là,  et moi c'est le livre qui a tout changé, à mes yeux en tant que lecteur et en tant que jeune auteur. Quand j'ai commencé, je voulais donc absolument faire une série. Aujourd'hui, je me rends compte que c'est très compliqué. C'est très long et je pense que par la suite, je vais souffler un peu plus. Je referais sans doute une série un jour, mais peut-être que je ferais des titres isolés entre les deux.

C&T : Avez-vous rencontré beaucoup d'autres jeunes auteurs dans les salons ?
C.M. : Sincèrement, non. C'est assez rare les jeunes auteurs, j'en ai pas vu beaucoup. Il y en a quelques uns, mais en roman jeunesse et sur les salons, je n'en ai pas croisé un seul qui soit vraiment de ma génération. Par contre, il y a pas mal de jeunes illustrateurs et ça c'est chouette ! Il y a quand même des jeunes auteurs, c'est juste que je n'ai pas eu la chance de les croiser. Il faut que la relève arrive, et si ça se trouve, dans dix ans, vous ferez les salons et c'est moi qui serait déjà un vieux !

C&T : Avez-vous d'autres projets pour la suite ?
C.M. : Oui, des projets j'en ai plein. Je les ai tous mis entre parenthèses parce que comme je suis sur une série, c'est très lourd. À chaque fois que je termine un livre, il faut déjà que je commence le suivant. C'est limite si je ne suis pas déjà en retard avant même de l'avoir commencé... C'est difficile de penser vraiment à autre chose. Mais je vous assure que, oui, j'en ai, et que dès que j'aurai fini Mathieu, je repartirai sur autre chose.

C&T : Plus sur des romans ou sur autre chose ?
C.M. : Avant d'écrire Mathieu, j'étais lançé dans du théâtre, dans des débuts de romans pour adultes et j'aimerais refaire ça. Pas forcément dans le but d'être édité mais juste pour m'éclater moi. Alors attention quand je dis ça, Mathieu Hidalf ça m'éclate et c'est extrêmement difficile. Je ne pense pas que je ferais de projet qui me coûtera autant avant longtemps, mais j'aurai passé cinq-six ans avec ce personnage donc je pense que j'aurai envie d'explorer d'autres horizons.

C&T : Pour la série, comment ça se passe ? La maison d'édition vous demande d'écrire la suite ?
C.M. : Il y a des rythmes de parution qu'il faut essayer de respecter. C'est vu en accord avec les éditeurs et on a tous à y gagner. Si je sors le tome 1 de Mathieu et que le tome 2 sort trois ans après, il y a peu de chances que les lecteurs qui aient lu le tome 1 se jettent sur le deuxième. Du coup, on a tous interêt à ce que ça aille vite, surtout qu'aujourd'hui les lecteurs sont de plus en plus impatients. Ça va de plus en plus vite et c'est vrai qu'il y a peu d'auteurs, comme J.K. Rowling, qui peuvent se permettre de dire "Je vais sortir mes livres sur dix années et puis les lecteurs seront toujours là. À la fin, il y en aura même cent fois plus."

C&T : Est-ce que vous avez lu des livres d'auteurs jeunesse français comme Sophie Audoin-Mamikonian...
C.M. : Non, je n'ai pas lu ses livres. C'est compliqué, mais j'ai très envie de les lire. J'ai lu des livres d'Erik L'Homme, de Timothée de Fombelle, de Jean-Philippe Arrou-Vignod... Tous des auteurs Gallimard, et de supers grands auteurs. En fait, j'ai peu de temps en ce moment pour découvrir des auteurs qui ne sont pas ceux avec lesquels je travaille...
Je vais devoir y aller car j'ai dû décaler mon retour. Je rentre ce soir et donc je suis censé faire un peu acte de présence...

C&T : Au revoir et merci pour tout !
C.M. : Au revoir, c'était très chouette !

mercredi 9 janvier 2013

Interview de Christophe Mauri (Partie II)

En juin dernier, Thib' et moi avons eu la chance de rencontrer et interviewer Christophe Mauri, jeune auteur de la série Mathieu Hidalf (vous pouvez retrouver ma chronique du premier tome ici, et celle du second ici). Cet interview vous est présenté en trois parties indépendantes. Bonne lecture !

Christophe Mauri au salon du livre de Cherbourg, en juin 2012


Clèm & Thib' : Quel était votre rythme de lecture quand vous étiez jeune ?
Christophe Mauri : Pendant la période de l'adolescence, je lisais moins que vous, c'est sûr. Enfant, je lisais pas mal comme Le club des Cinq. Après lors de mon adolescence, j'ai lu quelques grandes séries comme Harry Potter. Je fais partis de la génération Harry Potter, j'ai eu la chance d'attendre à minuit sur les Champs Élysée pour quasiment tous les tomes, pour avoir quelques heures d'avance de lecture sur mon entourage au collège et au lycée. J'y été pour le 4, le 5, le 6 et le 7 avec des amis et de la famille. Harry Potter a été un vrai moteur pour devenir écrivain et écrire des livres. Justement, j'étais tellement accros a cette série que je lisais moins de livre car j'avais une sorte de fidélité envers le livre de J.K.Rowling. Je suis donc devenu un vrai lecteur par la suite car aujourd'hui je lis beaucoup plus qu'avant. Je lis plus de littérature jeunesse pour mon travail (d'écrivain). J'aimerais beaucoup travailler dans l'éditions jeunesse donc il faut quand même que je sois avertis du genre d'écrit qu'écrivent mes amis écrivains. Vu que je rencontre beaucoup d'auteurs jeunesses, je souhaite lire ce qu'ils font. Je suis encore étudiant en lettre donc je dois lire beaucoup de classique. Avant, j'aimais beaucoup la littérature jeunesse mais maintenant, je me suis ouvert à la littérature classique, c'est celle que j'apprécie. Je suis toujours étudiant en master de lettres moderne et depuis l'aventure Mathieu Hidalf, j'ai mis un peu mes études entre parenthèses ; je n'exclue pas de les continuer un jour.

C&T : Si vous rencontreriez J.K. Rowling, que lui diriez-vous ?
C.M. : Je lui dirais "Hello... Can I speak in French ?" Parce que vous savez qu'elle était prof de français donc a priori elle parle bien le français... Non, sincèrement, je ne l'idolâtre pas... Mais bon, si je rencontre J.K.Rowling un jour, ce serait un tremblement de terre dans ma vie.
C'est surtout que j'ai une admiration gigantesque pour ce qu'elle a fait. Je n'aime pas tous les tomes de Harry Potter autant les uns que les autres, mais elle a redessiné les cartes de la littérature jeunesse. Elle m'a fait voyager, comme des millions de lecteurs tout au long de mon enfance... Même plus que l'enfance parce que j'avais dix-sept, dix-huit ans quand les derniers tomes sont sortis. Ça n'a pas de prix pour moi, si je la rencontre un jour, je serais fou.

C&T : Quels sont les tomes que vous avez préférés dans Harry Potter et pourquoi ?
C.M. : Je réponds toujours à ce genre de questions avec des pincettes parce que je ne les ai pas relus depuis longtemps et mon jugement changerait peut-être... Le trois c'était le premier que j'ai adoré. Sirius Black, Azkaban, j'ai trouvé ça génial. Le tome six c'était un de mes préférés, je l'adore. La mort de Dumbledore était juste horrible... Cette ambiance où on est dans le passé c'était formidable, et le tome quatre aussi je l'ai beaucoup aimé. Vous c'est quoi vos tomes préférés ?

T : Moi je n'ai lu que les trois premiers...
C.M. : Ton top 3 est trouvé d'avance !

T : J'ai vu les films, plutôt. J'ai beaucoup aimé le premier parce qu'il pose bien les bases de l'histoire. Il y a Harry Potter qui entre dans l'école et on découvre avec lui. J'aime bien quand on découre avec le personnage l'univers dans lequel il va vivre.
C.M. : Moi aussi j'adore le un. Je crois que la première phrase c'est un truc comme "Mr et Mrs Dursley habitaient au 4 rue Privet Drive et ils étaient des gens parfaitement normaux, merci pour eux.", ça me fait trop rire ! "Ils n'avaient pas de temps à perdre avec de sornettes..." Les Dursley c'est quand même mythique !

C&T : Peut-être que Mathieu Hidalf deviendra aussi mythique !
C.M. : J'espère !

C&T : Est-ce que vous prévoyez de traduire vos livres ?
C.M. : Vous savez, ce n'est pas moi qui démarche pour ça, c'est l'éditeur. Il y a déjà trois traductions en cours de Mathieu ! Donc ça, c'est chouette... En Italien, en Espagnol et en Serbe. Pour l'Espagnol et le Serbe je n'en sais pas beaucoup plus. Je ne sais pas quand ce sera, ni où en est la traduction. Le tome 1 de Mathieu est déjà traduit en Italien et il sort en septembre (Hors interview - Septembre 2012). Normalement, je vais aller faire un petit tour en Italie pour la sortie de Mathieu là-bas. C'est chouette, je suis trop content...

C&T : Vous aimeriez bien qu'il soit traduit en Anglais ?
C.M. : Biensûr, parce que c'est une langue qui est énormément lue et j'aimerais beaucoup surtout parce que c'est la seule que je serais capable de lire ! Même si j'ai beaucoup de difficultés, c'est la seule que je serais capable de déchiffrer. Ça doit être sympa de lire son texte dans une langue qui n'est pas la sienne. Après par contre les textes anglais, c'est beaucoup plus difficile parce que je crois qu'ils doivent avoir 1 ou 2% de traduction. Vous imaginez, nous, en France, on a plus de 50% de nos livres qui viennent de l'Anglais ou de l'Americain. Eux, ils en ont 1 ou 2% qui viennent du Français, peut-être même de toutes les autres langues. Ce n'est pas évident...

C&T : Et donc si il était traduit en anglais, et que vous pouviez le faire lire à J.K.Rowling, quel serait votre sentiment ?
C.M. : Mais ça je n'y pense même pas !

C&T : Est-ce que vous appréhenderiez ?
C.M. : Si il est traduit... Mais de toute façon elle lit le Français ! Je vais lui envoyer un tome 1 par la poste, je vais marquer "J.K. Rowling" sur l'enveloppe et que la poste se débrouille avec ça ! Non, je pense que la pauvre elle doit avoir beaucoup, beaucoup de choses à lire...

C&T : Mais ce serait bien de lui faire lire en tout cas. Si elle est professeur de français, elle peut le faire lire !
C.M. : Là, je pense qu'elle a arrêté de donner des cours ! Sinon, je pense qu'on aurait jamais vu autant d'élèves dans un cours de français !

C&T : Est-ce que vous attendez avec impatience le nouveau livre de J.K. Rowling "The Casual Vacancy" ?
C.M. : J'en ai juste entendu parler... Je le lirai sans doute, mais je n'attends pas du tout avec impatience. D'ailleurs je pense que c'est bien : J.K. Rowling elle a fait cette série incroyable et vraiment avec curiosité je lirai ce qu'elle a fait d'autre. Mais moi, c'était Harry Potter. 

Dans la troisième partie, Christophe Mauri nous parlera de son chemin dans l'édition de Mathieu Hidalf et de ses projets... Soyez au rendez-vous !

dimanche 14 octobre 2012

Interview de Christophe Mauri (Partie I)


En juin dernier, Thib' et moi avons eu la chance de rencontrer et interviewer Christophe Mauri, jeune auteur de la série Mathieu Hidalf (vous pouvez retrouver ma chronique du premier tome ici, et celle du second ici). Cet interview vous sera présenté en trois parties. Bonne lecture !

Christophe Mauri au salon du livre de Cherbourg, en juin 2012

            Clèm & Thib' : Bonjour Christophe Mauri !
Christophe Mauri : Bonjour !

C&T : Depuis quand écrivez vous ?
C.M. : J'écris depuis que j'ai 13 ans, depuis la quatrième et je n'ai jamais arrêté depuis d'écrire des histoires. Dès cet âge là, j'ai envoyé mes premiers manuscrits à des maisons d'édition. J'avais déjà cette envie d'avoir un vrai livre entre les mains.

C&T : Quel est votre parcours dans le monde de la littérature jeunesse ?
C.M. : D'un point de vue bibliographique, j'ai sorti trois premiers livres, quand j'étais au lycée. Ça a été chouette de vivre cette aventure de très jeune auteur ! J'ai donc sorti les trois premiers tomes d'une saga d'héroic fantasy aux éditions Belem. Grâce à cette aventure, j'ai gagné en confiance et c'est notamment ça qui m'a poussé à continuer à écrire. C'est grâce à ma première éditrice que je suis devenu un vrai lecteur et c'est grâce à cette aventure que j'ai ouvert mon esprit a pleins d'autre choses. Je n'aurais pas pu écrire Mathieu Hidalf, enfin du moins maintenant, sans cette première aventure. Maintenant, je suis en pleine écriture de la saga de Mathieu Hidalf !

C&T : Pouvez-vous présenter la première saga que vous écriviez lorsque vous étiez au lycée ?
C.M. : Cette première saga, c'est vraiment une aventure de long haleine pour moi. Cette aventure m'a occupé  de mes 13 ans à mes 18 ans. Mais étrangement, ça appartient vraiment à mon passé. Vous savez, quand on est un auteur, on change très vite. Moi, quand je relis ce texte, je vois que j'ai beaucoup changé, progressé. Ce livre, c'est vraiment de la fantasy pure et dure, avec un schéma assez proche du Seigneur des Anneaux. Quand on est jeune, c'est très dur de se détacher de ses affluences.

C&T : N'avez-vous pas eu un problème avec l'éditrice ?
C.M. : Si, j'ai écrit les tomes 4 et 5 mais malheureusement la maison d'édition à fait faillite. Du coup, je n'ai jamais pu finir de publier cette saga. Mes lecteurs n'ont jamais pu lire la fin de la série...

C&T : Pouvez-vous présenter Mathieu Hidalf à nos lecteurs ?
C.M. : Mathieu en deux mots ? Mathieu Hidalf, c'est un gamin absolument brillant, mais qui a parfois 5 ans d'âge mental sur le plan affectif. C'est tout ça qui fait ce héros, c'est cette relation très compliquée et très conflictuelle avec son père, et les adultes en général. Après, de tomes en tomes, il y a son entrée à l'école de l'Élite, le combat avec les frères Estaffes, qui est plutôt un combat avec Louis Serra, le capitaine des élitiens, et Mathieu va se retrouver mêlé à tout ça plus qu'il ne le pense.

C&T : Avez-vous un personnage préféré ? Un personnage avec lequel vous prenez du plaisir à écrire ?
C.M. : J'ai beaucoup de personnages que j'aime beaucoup. Il y a Mathieu, le personnage phare, Monsieur Rigor Hidalf le père... J'ai beaucoup d'affection pour ce dernier. Beaucoup d'enfants me disent : « Mais pourquoi il est aussi méchant ? » Pour moi, c'est l'un des personnages que je trouve le plus naïf et sympathique. Il y a des personnages secondaires que j'aime beaucoup : Maître Magimel, le notaire de la famille Hidalf, qui me fait bien rire et deux autres personnages, Juliette d'Or et Armance Dacourt qui sont pour moi, les deux femmes du roman.

C&T : Dans votre roman, existe-t-il un personnage qui vous ressemble ? Ou est-ce que cela représente vos amis ou des personnes proches de vous ?
C.M. : Dans Mathieu Hidalf, non. Le seul point commun que j'ai avec Mathieu, c'est cette volonté à tout prix de grandir. A dix ans, moi aussi j'étais impatient d'être un adulte. C'est bien mon seul point commun avec ce personnage. Dans ma précédente série, je mettais beaucoup de copains... Par exemple, si je tombais amoureux d'une fille, elle apparaissait dans le roman aussitôt.

C&T : Comment avez-vous construit le monde de Mathieu Hidalf ?
C.M. : La création d'un monde, ça se fait avec le temps. L'école de l'Élite, par exemple, elle était déjà dans ma première série et les cités de Darnar et de Soleil y étaient également. Il y a des choses que j'ai dans ma tête depuis que j'ai 13 ans. J'ai eu le temps d'y penser. Il y a juste une chose très importante pour moi par rapport à l'Élite, et ça je ne le pensais pas à 13 ans car je n'était pas assez grand pour imaginer des choses comme ça, c'est que c'est une source de contre-pouvoir. Ce royaume est une monarchie absolue mais il y a l'ordre des Elitiens qui n'a aucun compte à rendre à la justice, aucun compte à rendre au roi. J'ai construit un peu le royaume autour de ça, il y a cette seconde force, un contre-pouvoir. Les élitiens, ils ont un peu tous les droits ! Après, pour Mathieu je sais pas exactement comment c'est parti.

C&T : En ce qui concerne les animaux, est-ce normal qu'ils soient spéciaux et loufoques ?
C.M. : Par exemple, il y a Bougetout qui est un chien à quatre têtes qui en a toujours trois d'unies contre la quatrième. Ce choix est volontaire pour moi, ça vient presque d'une racine Walt Disney. Vous savez, dans les Disney, il y a souvent ces animaux, qui sont les adjuvants du héros et qui apportent une dimension comique ! Le dernier en date, c'est Raiponce, ça m'a trop fait rire, j'ai adoré. Il y a cette espèce de Caméléon et je me suis dit « Mais qu'est-ce que je viens faire un caméléon dans un royaume de conte de fée ? » Complètement loufoque, il s'appelle Pascal et il est juste énorme. Chez Bougetout, c'est ça que j'aime : on peut être un monstre mais on ne fait peur à personne, à part aux soeurs Méchantine et Mélusine dans le tome 1.

Dans la seconde partie, Christophe Mauri nous parlera de ses lectures de jeunesse, particulièrement d'une très grande série... Soyez au rendez-vous !