Les Mondes de Clèm

lundi 8 février 2016

Qui es-tu Alaska ? - John Green



La vie de Miles Halter n'a été jusqu'à maintenant qu'une sorte de non-événement. Décidé à vivre enfin, il quitte le cocon familial pour partir dans un pensionnat loin de chez lui. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.

J'écris ces mots alors qu'il me reste quarante pages à lire, sur les 403 de ma version du livre. La fin approche à grands pas. Et je n'ai pas envie... Depuis le début de ma lecture, je suis immergée dans l'univers de Miles Halter et j'ai tout découvert en même temps que lui. Son entrée à Culver Creek, sa rencontre avec le Colonel, qui partage sa chambre, et la découverte d'Alaska. La fameuse Alaska... Je la qualifierais de mystérieuse et d'atomique. Comme une bombe, sur le point d'exploser et de tout ravager sur son passage. Si Hazel* se disait être une grenade, c'est dans une certaine mesure aussi le cas pour Alaska. Miles l'adore immédiatement et c'est aussi le cas pour nous. C'est un personnage comme on en voit peu, dégageant une aura extraordinaire grâce à leur description et leur façon d'agir. Elle nous apparaît à l'exact opposé de Miles, au départ réservé et discret. 

Je mourais d'envie de m'allonger contre elle, de la prendre dans mes bras et de dormir. Pas de baiser, comme dans le film. Pas même de faire l'amour. Juste de coucher ensemble, au sens innocent du terme. Mais je manquais de courage et elle avait un copain et j'étais gauche et elle était sublime et j'étais désespérément ennuyeux et elle était infiniment captivante. Alors je suis retourné dans ma chambre et je me suis écroulé sur mon lit, en me disant que si les gens étaient de la pluie, j'étais de la bruine et elle, un ouragan.

Ce n'est pas la narratrice mais il est évident qu'elle est le personnage principal de toute l'histoire. Du titre à la page 358 sur 403, où j'en suis, on ne parle que d'elle. Et je sais que c'est loin d'être terminé. C'est ici que je vois le génie de John Green. Il nous raconte l'histoire d'Alaska Young, à travers les yeux de Miles. Nul doute que tout aurait été différent si elle avait raconté sa version des faits. Car alors que la fin approche, je suis toujours dans le doute. J'ai l'impression de ne jamais pouvoir réussir à cerner qui elle est et ce qu'elle pense réellement. Le mystère Alaska Young reste entier...

C'est la première fois que je commence à écrire un article alors que je n'ai pas terminé le livre. Mais ce roman est particulier. Je n'ai aucune idée de ce que me réservent les dernières pages. Une chose est sûre : pour le moment j'ai beaucoup souri, mais quelques larmes se sont aussi invitées... Et c'est une des raisons pour lesquelles j'adore cet auteur. En quelques chapitres seulement, il nous fait passer par tous les états possibles et imaginables. La joie, l'espoir, la tristesse, le désespoir... Nous ne sommes jamais épargnés.

Il est maintenant l'heure de lire les dernières pages, tout cela avec un peu d'inquiétude...

Livre terminé, dernière page tournée. Une fin magnifique que j'ai adorée. Ces pages me réservaient encore beaucoup de surprises. J'en ai vu une arriver un peu avant Miles et ses amis, mais cela ne m'a pas dérangée. Tout ce que je pensais à propos de ce livre avant d'en lire la fin se trouve renforcé. J'ai vraiment passé un excellent moment de lecture et je ne regrette pas de m'être enfin mise à ce roman que plusieurs amis me conseillaient très fortement. Vous ne pourrez plus me regarder de travers en m'expliquant que lire ce livre est une nécessité absolue ! (N'est-ce pas Elora ?) 

Aujourd'hui, c'est donc moi qui vous conseille ce roman, si vous ne l'avez pas encore lu. John Green joue avec les mots d'une façon remarquable, nous livrant une histoire sublime et extraordinaire. Parfois douce, parfois violente, elle ne peut que nous faire penser et réfléchir. Je peux vous assurer que la jeune Alaska Young et ses mystères ne vous laisseront pas indifférents. 

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*Dans Nos étoiles contraires aussi écrit par John Green (mon article ici, un des premiers publiés sur le blog).

jeudi 4 février 2016

J'étais Là - Gayle Forman



Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret.
Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie.
Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages. Oui, Meg était ma meilleure amie. Non, je n'étais pas au courant.
Pourquoi ne m'avait-elle rien dit ? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur.
Pourtant, j'étais là.

Gayle Forman m'avait déjà embarquée dans son univers avec Si je reste, cependant j'avais été un peu déçue par ce premier tome (ce qui n'avait pas été le cas avec la suite, retrouvez mon article ici). J'attendais énormément de ce nouveau roman.

Le résumé semblait prometteur, les personnages complexes et intéressants. C'est en effet le cas, nous découvrons une histoire surprenante qui tient en haleine le lecteur, avide d'en savoir plus. Malgré cela, il m'a manqué un petit quelque chose pour qu'il s'agisse d'un coup-de-coeur. Je ne pourrais pas expliquer exactement de quoi il s'agit. Dans certaines histoires, nous sommes pris d'affection pour des personnages, des tournures de phrases ou bien un récit passionnant... Quelque fois ça nous accroche, d'autres fois un peu moins.

Dès les premières pages, je me suis pourtant immergé dans la vie de Cody, qui vient de perdre sa meilleure amie. Elle m'a transmis sa douleur, mais surtout son incompréhension. Comment la joyeuse et extraordinaire Meg avait-elle pu faire une chose pareille, laissant derrière elle ses amis, ses parents et son petit frère ? Cody ne le comprend pas. Nous suivons son chemin, dans lequel elle tente de faire émerger des réponses. Que faire lorsque l'on se rend compte que sa meilleure amie nous a caché un grand nombre de choses sur sa vie ?

Cody est un personnage très intéressant. Elle est pleine de remords de n'avoir rien vu venir, n'a jamais connu son père et mène une vie difficile avec sa mère qui enchaîne les petits copains. Elle rencontre Ben McCallister que Meg semblait plutôt bien connaître, chanteur d'un groupe de musique. Si Cody a du mal à le cerner pendant toute l'histoire, il me semble que le lecteur voit tout de suite de quoi il est question. Le garçon en question n'est pas méchant et est tout autant affecté par la mort de Meg. Il me semble pourtant qu'il manquait un petit quelque chose à ces deux personnages pour qu'ils prennent plus d'importance pour moi.

Après avoir tourné la dernière page, j'ai le sentiment d'une excellente lecture mais qui malgré tout ne restera pas gravée dans ma mémoire pour toujours. Le fil conducteur du roman tient la route, mais j'aurais espéré un peu plus de rebondissements, de ces moments où l'on reste scotché sur notre livre, incapables de croire ce qui arrive. J'ai attendu, mais la révélation tant attendue n'a pas eu lieu. Mais est-ce que ces moments existent dans la "vraie vie" ?


J'étais là est donc un roman que je vous conseille si vous voulez passez un très bon moment de lecture. Même si la petite étincelle d'un livre coup-de-coeur n'était pas là, on ne peut s'empêcher de se dire : Allez, encore un chapitre et j'arrête !

jeudi 28 janvier 2016

Dans le désordre - Marion Brunet


Ils sont sept. Sept qui se rencontrent en manifs, dans la révolte, dans le désordre, refusant la vie qu'on leur impose. Ils décident de vivre ensemble, en squat et en meute.
Et au coeur de la meute, il y a Jeanne et Basile, qui découvrent l'amour. Celui qui brûle et transporte.

Il y a des lectures qui changent, qui boulversent, qui transforment. Ce sont celles qui nous prennent aux tripes et nous embarquent dès les premières lignes. Dans le désordre en fait partie.

Il y a ces personnages atypiques que l'on ne peut s'empêcher d'aimer profondément, qui se rencontrent et qui vivent. Jeanne, Basile, Alison, Lucie, Jules, Marc, Tonio. Ils se découvrent, on apprend à les connaître, mais l'impression d'avoir toujours vécu avec eux reste tenace. Animés de sentiments puissants, ils partagent avec nous leur rage, leur colère, leur envie d'un monde nouveau, d'un monde plus juste, d'une vie différente. Et avec tout ça, ils deviennent nos amis. C'est pourquoi le temps passé en leur compagnie nous semble à la fois beaucoup trop court et tellement long.

Difficile de trouver les mots justes pour décrire ce dans quoi Marion Brunet nous emporte. C'est une lecture coup de poing, avec des pages défilant à une vitesse incroyable et une fin qui arrive bien trop vite. L'émotion qui prend à la gorge, qui nous empêche de penser à autre chose, qui nous interdit de fermer le livre. Les mots virevoltent et nous emmènent dans un monde si semblable au nôtre, mais si différent...

   Ils se taisent. Et puis ils se mettent à rire, en salves béates, en complicité émue. Se souviennent que la fête continue, à coups de corps dansants, de mots hurlés pour être entendus, de sons élastiques et flous qui remontent jusqu'à eux. Ils s'en foutent puisqu'ils brûlent, qu'ils sont une fête à eux tout seuls.

Ce sont des vies qui s'entremêlent et se lient, tout en changeant irrémédiablement. Des moments de joie, d'autres de désespoir, mais reste le sentiment d'appartenance à un groupe. Ce sentiment qui permet de penser que l'on a trouvé sa place dans un monde souvent hostile. C'est ce qui lie Jeanne et Basile, qui les fait vivre pleinement lorsqu'ils sont ensemble et qui nous fait plonger avec eux dans la folie de se penser que jamais rien ne pourra nous atteindre.

Au-delà d'une simple lecture, c'est un coup-de-coeur pour cette histoire et ces personnages qui se nichent si facilement en nous. Un roman qui renverse tout sur son passage, ne passez pas à côté.

   - Bon, vous savez qu'on va quitter notre squat, tous les trois.
   C'est pas une question ; les autres attendent la suite. Marc les regarde tous un par un, pose sa bière et croise les bras.
   - Ça vous dirait d'en ouvrir un nouveau, ensemble ?
   Tonio et Basile ne répondent pas, puisqu'ils participent à la question. Ils ont dû en parler ensemble, déjà. Tous trois fouillent dans les yeux des autres une étincelle d'envie.
   - Nous sept ? demande Jeanne.
   - Oui.

   Un silence radieux et plein de questions muettes flotte au-dessus de leurs verres vides. Tonio fait signe à Slimane, qui remet une tournée. En accord parfait, ils attendent le retour de leurs bières avant de trouer le silence. Autour d'eux, des tablées discutent et rigolent. Iggy Pop entonne The Passenger, et ça remue Jeanne jusqu'aux tripes. Désormais, elle associera toujours ce morceau à l'instant crucial, cet instant rempli d'électricité, de doute et de promesses, où l'énormité du virage les a tous sidérés.

jeudi 31 décembre 2015

2015 : Une drôle d'année !

Drôle dans le sens "étrange", dans le sens "originale", dans le sens "pleine de nouvelles choses". Je n'ai été que peu présente ici et cela est principalement dû à des lectures peu nombreuses et une envie de profiter d'autres choses. L'envie de profiter des derniers mois de lycée, de ne pas vouloir partir, de rester avec mes amis et ma classe. Et aujourd'hui plus que jamais, alors que le nouvel an approche et par la même occasion une grande fête avec une partie de mes amis, j'aimerais retourner en mars ou avril quand on rigolait bien tous ensemble en SVT et en allemand.

J'ai souvent du mal à passer à autre chose et à accepter le changement. Et il y en a eu beaucoup cette année. Malgré les hauts et les bas, c'est une année que je n'hésiterais pas à revivre une seconde fois si j'en avais l'occasion ! 

Janvier et février, une année qui commence plutôt mal mais où tout le monde est Charlie.
Mars, organisation de photo de classe et de projets, beaucoup de temps passé à imaginer que tout peut être réalisé. Salon du livre de Paris, retrouvailles avec les amis et week-end extraordinaire.
Avril, site d'admission post-bac fermé, septembre semble encore loin mais se rapproche beaucoup trop vite.
Mai, anniversaire, premières épreuves de bac, encore des soirées passées à espérer que le temps se fige.
Juin, toutes les dernières fois. Dernière pièce de théâtre avec le groupe, dernier jour de lycée, dernière soirée avec presque toute la classe, dernières photos...
Juillet, ça y est. Les chemins commencent à se séparer, certains partent loin, les vacances font du bien mais ça reste difficile. Lectures pour le prix La Voix des Blogueurs qui se font pleines de surprises.
Août, passer du temps avec mes amis, partir en vacances surprises, retrouver avec grand plaisir l'ambiance des années précédentes. Découvrir Le Labyrinthe, lire les trois tomes à toute vitesse.
Septembre, la plongée dans l'inconnu, les nouvelles rencontres.
Octobre, les premières notes, le travail qui s'intensifie et enfin les vacances.
Novembre, l'année qui semble malheureusement devoir se terminer aussi tristement qu'elle a commencé...
Décembre, Montreuil, le week-end parfait, les vacances, le temps de lire, retrouver mes amis et fêter Noël avec toute la famille.


Il est impossible de résumer une année entière en quelques mots, tout comme il est malheureusement impossible d'en revivre les meilleurs moments.

En ce qui concerne le blog, j'espère le faire mieux vivre en 2016. J'espère trouver le temps de lire et d'écrire des articles. Parce que mine de rien, ça fait aussi partie des choses qui m'ont manqué. 

Je vous souhaite à tous un bon réveillon et une bonne année 2016, remplie de bons moments !

mardi 29 décembre 2015

Les Petites Reines - Clémentine Beauvais


Les Petites Reines a été un roman très apprécié cette année, et à juste titre ! Nous découvrons trois héroïnes : Mireille, Astrid et Hakima, qui viennent d'être élues Boudins d'Or, d'Argent et de Bronze du lycée. Elles décident alors de partir à Paris, pour trois raisons différentes. Mireille veut rencontrer son père biologique, "Klaus Von Strudel" le mari de la présidente "Barack Obamette", Astrid veut voir Indochine et Hakima veut parler au général Auguste Sassin (A. Sassin) de son frère qui a perdu ses jambes lors d'une mission de l'armée sous sa responsabilité. Mais pour faire dans l'orignalité, elles décident d'effectuer leur voyage... À vélo !

C'est un roman plein d'humour que nous découvrons. Mireille nous raconte leur histoire, avec une écriture pleine d'humour et de sarcasme. Nous vivons le voyage de Bourg-en-Bresse à Paris entièrement avec elles, et c'est extrêmement agréable. Les trois jeunes filles élues "boudins" ne se connaissaient pas avant les résultats de cette malheureuse élection publiés sur internet, mais la bonne entente est immédiate. C'est un plaisir d'apprendre à les connaître et de voyager avec elles.

Clémentine Beauvais manie les mots avec aisance ce qui fait bien souvent sourire. Une des choses qui m'a amusée est que Mireille ne nous donne pas les vrais noms de certaines personnes, pour qu'ils ne soient pas reconnus. Elle leur en invente de nouveaux, pour notre plus grand bonheur. Sûrement une manière pour notre "boudin de bronze" de ne pas s'attirer d'ennuis !

Proche d'un voyage initiatique, nos trois jeunes filles découvrent un grand nombre de choses de la vie en chemin, que ce soit sur elles-mêmes ou sur leurs rapports aux autres. Il n'est apparemment pas inutile de faire un voyage en vélo plutôt qu'en voiture ou en train ! C'est un roman que je ne peux que conseiller à tous ceux qui ont envie de passer un très bon moment de lecture, à tout âge.

Les Petites Reines est comme un petit bonbon acidulé, original et très agréable à lire !