Les Mondes de Clèm: Un poème : Lecture

mercredi 5 février 2014

Un poème : Lecture

Voici un poème que j'ai écrit aujourd'hui, pour mon bac blanc de français. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et c'est pour cette raison que je vous le partage. Ceci est une version améliorée : un ou deux mots qui ne me plaisaient pas, une ponctuation à changer ou une ou deux fautes d'orthographe à corriger. J'accepte toutes les critiques, positives ou non, tant qu'elles sont constructives ! Le sujet était le suivant : Choisissez une action ponctuelle du quotidien puis composez un poème en prose et/ou en vers dans lequel vous ferez ressortir, dans une explosion d'image et de couleurs, toute la joie de cet évènement.
Merci de ne pas copier mon texte et si il vous prend l'idée de le diffuser, merci de citer le blog et l'adresse web de cet article.

Lecture

Telle une couverture sombre et étoilée qu'on aura déployée sur la Terre, la nuit tombera. Doucement. Sûrement. Elle n'est que rarement en retard, la nuit.

Dehors, la rue s'éclaire. Les lampadaires, petits soleils de la nuit, hésitent. Leur frêle lumière vacille, avant de s'installer définitivement. Mais temporairement.

Dans la maison, les enfants dansent. La musique les emporte dans un monde qui est le leur. Insouciance. L'heure d'aller vous coucher, maintenant, pas de discussion possible. Retour à la réalité. Brutal. Vous doucher, vous mettre en pyjama, vous laver les dents, vous coucher.
La musique s'arrête, le silence gagne du terrain. 

On m'appelle. On me demande.

Tel un oisillon tombé du nid et demandant de l'aide, il m'appelle. Il me demande. Trop jeune pour voler de ses propres ailes, trop jeune pour lire.

Enfin.
Partager la magie de quelques pages.
Le moment tant attendu.

Ce livre.
Après tant d'années, il est usé.
Abîmé, déchiré mais aimé, adoré.
C'est un sage vieilli trop vite
Un sage vielli et presque abandonné,
Qui attendait.
Attendait calmement.
Quel bonheur de le tenir à nouveau entre mes mains.
Mon coeur bat la chamade.

Malgré tout, une certaine appréhension me retient.
La peur de voir sous un nouveau jour,
De ne pas reconnaître.
Peur de la déception.

Il m'appelle. Il me demande.

J'oublie tout. La couverture étoilée qui se déploie au dessus de nos têtes, les lucioles électriques de l'extérieur, la musique et les danses.

Chapitre cinq.
Ma voix tremble.
Ce n'est pourtant pas la première fois.

Les premiers mots.
Les premières phrases ensuite.
Puis la première page se termine.
Ma voix glisse maintenant sur les mots.
Les mots de velours,
Les mots de l'histoire,
Les mots de ce voyage,
Les mots de toutes les couleurs.
Jaune et noir,
Bleu et gris,
Vert et argent,
Rouge et or.
La chanson des mots m'emporte,
La chanson des mots l'emporte.
Mon coeur bat la chamade.
Oubliée l'appréhension,
Oubliée la peur.
Je ne suis que messagère,
Un intermédiaire entre le livre et lui.
Mais je suis aussi bien plus.
À travers ces pages jaunies,
Je revis.
Je marche avec ces personnages.
J'apprends à les connaitre à nouveau.
Il apprend avec moi.
Il vient d'entrer dans un univers,
Un monde exceptionnel que je n'ai jamais vraiment quitté.
Je marche dans ce château,
J'explore ses couloirs,
Ses recoins,
Ses passages secrets.
J'admire ses tableaux.
Je suis sa magie.

Harmonie.

Ma voix glisse sur les mots.
Les mots de velours.
Il écoute attentivement.
Il se fatigue.
Je le devine.
Je le vois bâiller.
Un petit garçon dans sa couverture,
Une chenille dans son cocon.
Je ralentis.
Il m'appelle, il me demande.
Un train qui approche d'une gare,
La dernière page.
Un train qui ralentit,
La dernière phrase.
Le train s'arrête.
Le dernier mot.
Le voyage est terminé,
Descente des passagers.
Le marchand de sable en fait partie.
Il ferme les paupières des petits enfants encore éveillés.
Il les emporte ailleurs.

Je ne lis plus.
Mes mains tremblent.
Le temps est passé si vite...
Inlassablement, il s'écoule.
Terminée la joie.
Le bonheur de la redécouverte.
Le feu d'artifice.

Il ne reste plus que...

Le silence.


Telle une couverture sombre et étoilée qu'on aurait déployée sur la Terre, la nuit tombe. Doucement. Sûrement. Elle n'est jamais en retard, la nuit.

18 commentaires:

  1. EFPOOEJDFNDNLKSDCFRIJFDLK C'est beaaau!

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  2. Je dois dire, Clémentine, que ton poème est vraiment magnifique. Il a la mélodie des mots, la beauté des images, la force des émotions, et au centre de tout un livre, que l'on a envie d'ouvrir encore une fois pour qu'il nous emporte dans le souffle de son aventure.
    Et l'amoureuse de la nuit que je suis ne peut qu'aimer ta dernière phrase ;)

    Bravo, et j'espère que les profs sauront l'apprécier à sa juste valeur ;)

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    1. Merci beaucoup pour ton avis, ça me fait très plaisir !! :)

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  3. Ton poème est incroyable félicitations !!!

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  4. Ton poème est magnifique ! C'est exactement ce que je ressens lorsque j'arrête de lire ! *.* Bravo ! J'aime beaucoup écrire des poèmes sur la lecture aussi :)

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    1. Merci beaucoup !!
      Je n'écris pas beaucoup, je manque souvent d'inspiration… :)

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  5. Rowena/La tour bleue9 février 2014 à 18:10

    Incroyable. Vraiment beau ! C'est moi ou il y a du Bottero qui pointe ?

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    1. Tu trouves ?? Je n'y ai pas pensé du tout… C'est dingue, Tom (Blog La voix du Livre) m'a fait lire un de ses poèmes, je lui ai dit exactement la même chose et il n'y avait pas pensé non plus… En tout cas, merci beaucoup ! Je n'arriverais sûrement jamais à la cheville de l'écriture de Pierre, mais que tu y aies pensé me fait extrêmement plaisir !!

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  6. Rowena/La tour bleue9 février 2014 à 19:30

    Oh oui, et pas qu'un peu !
    J'espère que les profs apprécieront !

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    1. Merci, merci, merci !! Je l'espère aussi !!

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  7. La prof^^ Marion19 mars 2014 à 14:11

    Magnifique. Vraiment. Tu mérites ta note. Je ne savais pas que c'était toi mais tu le mérites. Je suis fière de toi.

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    1. Merci, merci, merci, merci, merci, merci !!

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  8. Magnifique poème ! Il y a un rythme dans tes mots, comme le tempo d'une danse... Et tes subtiles allusions à Harry Potter sont géniales :)

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